Monographie
Phèdre [Texte imprimé] / Platon ; introd., trad., notes et commentaire de Jacques Cazeaux ; présentation de Daniel Babut
Type de contenu
- Texte
Type de médiation
- sans médiation
Titre(s)
- Phèdre [Texte imprimé] / Platon ; introd., trad., notes et commentaire de Jacques Cazeaux ; présentation de Daniel Babut
Est une traduction de
- Phaedrus
Auteur(s)
Autre(s) responsabilité(s)
Editeur, producteur
- Paris : Librairie générale française, 1997
- (72-La Flèche; Impr. Brodard et Taupin)
Description matérielle
- 472 p. : couv. ill. en coul. ; 18 cm
Collection
- Classiques de la philosophie
ISBN
- 2-253-06730-X
Appartient à la collection
- Le Livre de poche 0248-3653 4649
Titre conventionnel
- [Phèdre. français. 1997]
Note(s)
- Index
Note sur la collection
- Collection principale : Le livre de poche. Numérotation dans la collection principale : 4649. Classiques de poche
Résumé ou extrait
- L'esclave, c'est-à-dire l'homme en son commencement, que Platon figurait au fond de la grotte, jouit comme de la vérité d'un spectacle mobile, prenant et aussi fallacieux que nos images médiatiques. Phèdre, d'abord étourdi par la rhétorique athénienne, sera pris en chasse par Socrate. Socrate l'étourdira mieux encore ; il l'éblouira d'une rhétorique plus forte, et au passage plus vraie, que celle de Lysias ou d'Isocrate ou de Périclès, avant de lui mettre en main le fil d'Ariane de tout langage, politique ou familier, de la Tribune ou de la rue ou du lit : la vérité, au lieu des feux de l'apparence. Et ils chemineront selon une érotique mystérieuse, étagée, docile à l'instinct et à une lumière plus que divine. Platonisant avec le Phèdre, les surréalistes disaient que l'éros ne vibre pas en toute sa force sans la métaphysique. En des temps où l'éros est présenté si riche, si totalitaire et si proche du rut, où initier à l'amour, c'est asséner une éducation sexuelle et de prophylaxie, qu'on entende Platon dire qu'éros est pauvre mais demandeur d'infini. Chercher la vérité, c'est refuser d'asservir l'autre, et, de proche en proche, réformer avec le lit, la maison, le village et la nation. Mais sur ce chemin, les cigales vibrent d'abord elles-mêmes à l'instar du chant dangereux des Sirènes, et, le Phèdre à la main, le lecteur doit encore veiller, toujours veiller, tellement Socrate ruse avec lui - veiller sous le cagna, à l'aplomb d'un midi méditerranéen. Ici comme dans les beaux romans policiers, l'enquête ne conclut pas selon le vraisemblable, le livre ne va pas exactement où l'on aurait envie qu'il aille, ou qu'il s'arrête, et Phèdre lui-même, l'ami que Socrate veut persuader d'aimer plus hautement, a de fâcheux trous de mémoire quand Socrate lui a parlé de la mémoire. Le filet de Socrate, le chasseur déguisé, garde parfois des mailles plus lâches, mais c'est aussi pour notre liberté et notre éveil propre à la noblesse. Jacques Cazeaux.
Sujet(s)
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