Monographie

Du sang sur le sable : le vrai destin de Jean-Marie Tjibaou : épitomé d'une tragédie / Jean Guiart

  • Texte
  • sans médiation
  • Volume
  • Du sang sur le sable : le vrai destin de Jean-Marie Tjibaou : épitomé d'une tragédie / Jean Guiart
  • Nouméa : Le Rocher-à-la-Voile : Les Éditions du Cagou, 2007
  • 1 volume (392 pages) : cartes en noir et blanc, couverture illustrée en couleurs ; 21 cm
  • Essais pour l'intelligence du temps présent 8
  • 978-2-9521970-4-5
  • 9782952197045 broché
  • Essais pour l'intelligence du temps présent 1768-2533 8
  • [le vrai destin de Jean-Marie Tjibaou.]
  • 995.97
  • Notes en fin de chapitres. Bibliographie pages 335-349
  • "Le destin des leaders canaques qui ont voulu défendre leur indépendance est caractéristique d'un pays recru de violences depuis que le premier Blanc y a posé le pied. Contrairement à ce que l'on appelait le droit des gens, et depuis le début, on les a fusillés (le chef Kanjo du Mont Dore, le 29 août 1859), attirés dans des embuscades (les chefs de la région de Wagap, fusillés le 2 février 1862), fait exécuter par d'autres (le chef Ataï en 1878), exilés à Tahiti (deux chefs Bwaxat successifs de la basse vallée de Hienghène) ou à Obock (le chef Poindi-Pwacili de la Haute Tipinje, en septembre 1887). Il fallait ne pas connaître cette histoire pour imaginer un processus paisible menant à l'indépendance. Au lieu d'un gouvernement français de centre-droit, expérimenté dans toutes les techniques du maintien de l'ordre, et préférant la corruption discrète à l'assassinat politique, on a eu un gouvernement socialiste, ignorant du passé, orgueilleux de son pouvoir nouveau, et comme président François Mitterrand, élève des bons pères maristes, dont la notion de l'histoire s'est construite en traduisant les auteurs latins. Les techniques de pouvoir romaines comprenaient le massacre et l'assassinat politique. Mitterrand a choisi cette dernière solution en ce qui concerne l'Algérie, où il donnera ces instructions qui auraient dû rester fameuses : "Tuez les chefs !". En Nouvelle-Calédonie, le massacre n'était plus à sa portée, étant donné ses répercussions internationales. Edgar Pisani lui proposera de faire exécuter Éloi Machoro. L'événement aura lieu sous le regard vigilant de Paris, utilisant pour ce faire trois gendarmes du GIGN, qui seront aussitôt exfiltrés vers la métropole. Jean-Marie Tjibaou, lui, sera tout d'abord neutralisé par la flatterie publique, et des promesses de crédits élevés à sa disposition - on se souvient de la 'Lettre aux Français' - puis, sachant qu'il risquait sa vie à participer à la levée du deuil des morts de la grotte à Ouvéa, on le poussera à s'y rendre, favorisant en même temps l'organisation de la relève au moyen de dirigeants canaques travaillant en liaison secrète avec les dirigeants du RPCR pseudo gaulliste. On a dit que Mitterrand était le Prince de machiavel. En ce qui concerne la Nouvelle-Calédonie, c'est très certainement un faux prince de la Renaissance, mais à la manière florentine, utilisant des spadassins, sans se mouiller les mains lui-même. Les preuves sont enfouies au sein d'archives qui ne seront pas ouvertes avant longtemps. On trouvera ici le récit d'une vie coupée trop tôt, ce qui a faussé le jugement général, avant que toutes ces nuances n'aient pu apparaître au grand jour. L'auteur a connu personnellement tous les protagonistse. Il a observé leurs actions au long de toute la période. Il livre ici un témoignage informé."
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